Extreme Aggression : review de la seconde édition au Boultek.

Samedi 5 décembre, c’était la seconde édition de Extreme Aggression au Boultek. Que les choses soient claires, si vous n’étiez pas là, vous avez raté une belle soirée sous le signe du Métal.

Quatre groupes se sont succédés, dans des styles différents, mais avec un seul mot d’ordre : Énergie.

Il est 18H lorsque démarre le premier groupe de la soirée, Ship of wisdom. Il n’est jamais simple de passer en premier. Entre l’absence du public et le manque d’ambiance, il y a plus de cent façons de rater son show.

Le minimum que l’on puisse dire, c’est que les cinq Casablancais ont réussi l’épreuve haut la main. Leur Heavy-Thrash a rapidement conquis le public. Il faut reconnaître que ces fans d’Iced Earth avaient bien préparé leur concert. La mise en place était juste impeccable, pas une note à côté. Chafik et Khalid, les deux guitaristes connaissent bien leur affaire ça s’est entendu. Un grand bravo pour le travail sur les six cordes !

L’autre élément incontournable de la prestation, c’est le chant. Effectivement, le registre Heavy Métal est une affaire de chant, et s’il arrive souvent que les envolées lyriques des chanteurs de Heavy déçoivent en live, Abdelmajid Karrari a vraiment assuré.

 

Que l’on aime ou pas ce type de chant, on est obligé de reconnaître que Abdelmajid a du talent. Et sans doute beaucoup d’heures de travail, car en plus d’être juste, même sur les parties les plus techniques, la voix était puissante et a parfaitement percée le mix. Une reprise d’Iced Earth vient confirmer les influences du groupe.

Il est 18h 30, et Ship of wisdom a parfaitement remplit son rôle. Le public est dans l’ambiance et prêt pour le reste de la soirée.

Le temps de faire le changement de plateau, et les Zero Deth montent sur scène. Et là attention ! Que leur jeune âge ne vous trompe pas. Le groupe va nous servir un Thrash Metal old school. Je vois déjà les puristes levés un sourcil, alors je leur dis non !!! Je ne parle pas de Néo Thrash, Groove Thrash où je ne sais quoi d’autre. Zero Deth officie dans le plus pur style du Thrash traditionnel. Que ce soit dans le look, l’attitude ou la musique, l’esprit du début des années 80 est là. Kill’em all de Metallica est votre album favori ? Jetez-vous alors sur la musique de Zero Deth.
Ça joue vite, très vite. Les allers-retours sur la corde de mi ne s’arrêtent quasiment jamais. Ah si ! Parfois la main droite de Mohamed Fahimi quitte les cordes graves pour poser des solos, eux aussi joués à la vitesse d’un étudiant qui quitte la salle de cours un vendredi après-midi. Pas de place ici pour la mélodie, vous connaissez la note de départ du solo et la note d’arrivée, ce qui se passe au milieu n’intéresse personne. Une véritable avalanche de notes et c’est parfait comme ça.
Je tire mon chapeau à Ibrahim Abbou, le bassiste a en effet affiché un sourire durant tout le set. Sa joie d’être là était palpable et le public l’a ressenti. C’est une véritable ovation que les spectateurs ont offerte au groupe, en scandant Zero Deth à la fin du set.

Mais comme tout n’est pas rose au pays du Thrash Metal, il faut reconnaître qu’il y a eu quelques soucis de mise en place, rendant la musique parfois imprécise. Mais gageons que nos jeunes Thrasheux travailleront tout ça en répétition.

Une petite pause, et c’est au tour de Into the Evernight. Un show assez particulier pour eux puisque c’est le premier avec le nouveau batteur qui n’a rejoint le groupe que dix jours avant le concert.

La batterie, c’est le nerf de la guerre. En effet, les morceaux possèdent des structures assez complexes dont la rythmique repose principalement sur le couple basse-batterie.

Commençons par ce qui fâche. Certaines transitions n’étaient pas bonnes et il y a eu plusieurs flottements sur les changements de riffs. Ce qui s’explique naturellement par l’arrivée récente du batteur. Mais quel batteur !!! En dehors de ces petits accros, nous avons eu droit à un véritable cours. Des roulements à faire pâlir Paul Bostaph de Slayer, et une double-pédale vraiment incroyable de régularité. Et sans « trigger » s’il vous plaît ! La grosse caisse a vraiment bien porté son nom. Un musicien qui fera probablement de grandes choses.

Le reste du groupe n’est pas en reste, Amine Jabory à la guitare a assuré, notamment les nombreuses parties en tapping.
Et Fayssal Ajouz Sanhaji au chant a été à la hauteur du reste du groupe, que ce soit pour la voix ou le jeu de scène. Et en parlant de jeu de scène, la palme revient à Mamoun Belgnaoui, le bassiste. Il n’a laissé aucun répit au public, le poussant encore et encore. Pour moi, Mamoun a fait à lui seul la prestation de la soirée.

 Les bassistes étaient en forme, et en parlant de bassiste, c’est le moment d’accueillir Othman et sa bande, Mean Street.

Comment résumer Mean Street en quelques mots… Ces gars sont les patrons !

Ce n’est pas la première fois que je les vois sur scène et c’est toujours aussi bluffant.

Pour commencer, les musiciens sont bons et la mise en place frôle la perfection. Ce qui permet de profiter pleinement de leur Métal sur lequel plane l’ombre de Machin Head. Beaucoup de morceaux m’ont rappelé la bande à Robb Flynn. Vous avouerez qu’on a déjà vu pire comme référence.

Ensuite, Othman Ouzari, le bassiste chanteur, tient son rôle de front man. Le géant barbu est très dynamique et possède beaucoup de charisme. Comme d’habitude, il a lancé circle pit sur circle pit, et s’est même permis le luxe d’un petit Braveheart dans la salle pourtant pas très grande du Boultek. Othman tient le public comme il tient la scène. Le meilleur front man de la scène Métal marocaine ? Sans doute !

D’ailleurs, le professionnalisme du groupe a été mis à l’épreuve suite un incident technique. Une tête d’amplis qui chute du haut-parleur et coupe le son d’une des guitares, ça en aurait arrêté plus d’un.

Pas les Mean Street ! Ils ont continué le morceau comme si de rien n’était. Le public s’est à peine rendu compte de l’absence d’un instrument. Je vous le disais, Mean Street sont les patrons.

Impossible de finir sans parler du cinquième groupe, le public. L’intensité d’un concert se vit principalement grâce à l’ambiance dans la fosse. Les metalheads ont été d’une générosité incroyable, ils ont mis le feu ! D’ailleurs, je pense avoir sacrifié ma nuque sur l’autel du headbang.

Pour conclure, une superbe soirée grâce aux groupes et au public. Un grand bravo à l’organisation pour le respect du timing. Une ambiance fraternelle que même les « non-metalleux » auraient appréciée.

Comme dirait une certaine journaliste, Merci pour ce moment ! On vous laisse découvrir les Interviews des groupes, qui ont répondu au micro de Emye B.

 

 

 

© Photos : Ghys Lane

Posted by Amplify.ma on Tuesday, 8 December 2015