Ayoub Lamari, un nom à retenir.

Fermez les yeux. Écoutez. Avec un peu d’imagination, on pourrait se croire en présence d’un inédit de Pink Floyd ou de Lou Reed. Rien que ça. « The Music in My Head », tel est le titre de ce bébé conçu par Ayoub Lamari, un jeune homme qui n’en est pas à ses premières incursions dans l’univers musical.

Ce passionné d’art pluridisciplinaire est né en 1988 à Casablanca où il a également grandi. Tel Obélix, il est tombé dans la potion musicale depuis son plus jeune âge, son entourage étant quasi-totalement composé de musiciens. Avec un environnement aussi prolifique, son parcours était tout tracé. Ayoub a ainsi joué avec Si Simo, Khansa Batma, Sakadoya et dans moult autres projets, tout en travaillant également en studio en parallèle pendant cette période.

Rien d’étonnant dès lors qu’il se décide de se consacrer à la réalisation et l’illustration, après avoir officié en tant que musicien. Une première conception a vite vu le jour, avec une thématique qui touchait directement à des sujets de société. Le projet s’intitulait « Changeons notre regard », et prenait la forme d’une vidéo contre les stéréotypes. Ce dernier n'a pas été relayé par les médias qui jugeait certains témoignages trop "provoquant".

Ironie du sort, c'est un incident tragique qui a été à l’origine des deux titres de l’EP « The Music in My Head ».

 

 

La folie tout d'abord, et finalement le décès d’un de ses oncles qui était un véritable mentor pour Ayoub, et qu'il admirait pour sa maîtrise des instruments et pour sa créativité artistique. C’est pour lui qu’il a décidé d'entrer en studio et d'enregistrer quelques chansons à sa mémoire, dont la première était "Funerals (in Loving Memory of Nourdine Elfad)", et la seconde, "Insanity trip", traitant de sa maladie.

Une fois de plus, on retrouve des similitudes avec le monde des Pink Floyd qui avaient dédié un de leurs Chefs d'Oeuvre "Shine On You Crazy Diamond" pour leur ami Syd Barret, membre fondateur du groupe et génie créatif qui avait peu à peu sombré dans la folie pour finalement être écarté de la formation et remplacé peu à peu par le non moins brillantissime David Gilmour.

Les deux titres, bien que différents, partagent une ambiance aérienne, inspirée des groupes de Rock Psychédélique. Des morceaux relativement longs puisqu'ils font tous les deux près de 7 minutes, et n'ont donc pas été dans l'absolu pensés pour entrer dans le format Radio.

La charge émotionnelle liée au contexte d'écriture et d'enregistrement est bien retranscrite dans les deux titres, et à plus forte raison dans "Funerals". Bien qu'il y ait peu de changements au sein des morceaux, on ne s'ennuie pas et on se laisse emporter par les mélodies.

Pourtant, pour rester dans l'univers des artistes dont Ayoub s'est vraisemblablement inspiré pour réaliser cet E.P, il aurait été bénéfique de pousser l'écriture et les arrangements plus loin afin de rendre ses compositions plus riches et plus intéressantes.

Quoi qu'il en soit, ces deux titres atypiques dans l'univers musical marocain ne sauraient laisser indifférent. Ecoutez plutôt :