Ahmed Soultan, ce musicien qui brise les frontières musicales - Nouvel Album.

Il est enfin arrivé ! L’album tant attendu d’Ahmed Soultan est sorti dans les bacs le 23 janvier dernier. Comme son titre l’indique, "Music Has No Boundaries" vient briser les barrières entre les peuples et les nations, et positionne Ahmed Soultan en tant qu’artiste international, et véritable fédérateur des musiques du continent Africain.

Cette grande diversité est illustrée dans l’album par un grand nombre de duos et featuring d’artistes venus du monde entier et d’horizons musicaux très différents. Le premier titre de l’album "Afrobian" est une collaboration avec le musicien nigérian Femi Kuti, le tromboniste et arrangeur américain de jazz et de funk Fred Wesley, le saxophoniste américain Pee Wee Ellis connu notamment pour avoir joué aux côtés de James Brown dans les années 60, et enfin le Mâalem Gnaoui tout droit venu de Taroudant au Maroc, Mehdi Nassouli.

 

La liste des collaborations est encore longue sur l’album, avec le rappeur anglais Akala, la chanteuse marocaine Samira présente sur deux titres de l’album, la chanteuse de soul et de hip hop américaine Tekitha, la chanteuse Ghanéene Wiyaala qui  donne la réplique à Ahmed Soultan sur "This Is Who I Am", et enfin le grand, l’unique, le légendaire George Clinton, père fondateur de la Funk Music aux Etats Unis dans les années 60 aux côtés de James Brown.

Un album très riche et qui a été travaillé et peaufiné durant plusieurs années par l’artiste, qui nous propose au total dix sept titres : treize morceaux originaux de l’album, une version longue de "Afrobian", et trois chansons Bonus. On est clairement sur le fameux style Afrobian créé par Ahmed Soultan, que l’ont pourrait décrire comme Afro-Arabian Soul Musique. On y retrouve des paroles chantées en anglais, darija, amazigh, et français de manière plus anecdotique.

Le tout est très cohérent, avec une part importante donnée aux sonorités africaines et marocaines ; mais le Maroc ne fait il pas partie intégrante de l’Afrique me direz vous… Ces influences et sonorités sont distillées de manière extrêmement subtile. Ici pas de démagogie, ni de facilité, mais vraiment un mariage réussi de musiques du monde et de l’Afrique en particulier, qui fait que chaque morceau est en soi une invitation au voyage.

L’illustration parfaite de ce métissage et de ce rayonnement Africain d’Ahmed Soultan est le duo avec la chanteuse Ghanéenne Wiyaala "This is Who I Am", qui avait fait l’objet d’un sponsoring de Western Union, et qui a permis à l’artiste de remporter le prix du meilleur artiste masculin pour l’Afrique du Nord aux Afrima Music Awards en novembre 2015.

Si on devait vous décrire notre ressenti global, on vous dirait que cet album respire les ondes positives. Dès les premières notes, et jusqu’aux derniers instants, on est bercé par une musique riche, belle, zen pleine de bonnes vibrations. On est comme enveloppé dans un voile de douceur qui nous lave de la dure réalité de la vie et de tous ses tracas. Rien de mieux donc pour se calmer après une journée stressante, ou rêvasser devant un coucher de soleil après une bonne session de surf…

Fait important, "Music Has No Boundaries" fait l’objet d’une sortie nationale et c’est un excellent exemple de ce que devrait être la commercialisation d’album au Maroc. Espérons que Virgin Megastores et Carrefour continueront sur cette lancée et continuerons d’encourager la production musicale "made in morocco".

Ce qu’on pourrait reprocher à cet album, c’est le fait que lorsqu’on l’écoute dans son intégralité, il ne nous donne pas l’impression de raconter une histoire et d’avoir été pensé comme un tout, mais plutôt d’être une collection de titres composés dans une ambiance commune.

Si vous écoutez l’album en musique de fond cela ne posera aucun soucis, c’est relaxant, c’est beau, mélodieux, les superlatifs ne manquent pas… De toute façon, à l’ère des lecteurs mp3 et des smartphones, rares sont les personnes qui continuent d’écouter un album dans son intégralité et dans l’ordre, la fonction shuffle ayant fait perdre cette habitude à la majorité d’entre nous.

Un autre point négatif est le fait que le design du disque et de la pochette sont assez minimalistes, bien qu’ils soient très jolis esthétiquement. Mais pour 9,90 Dhs on ne peut pas non plus demander la lune. Espérons que les ventes seront satisfaisantes et que cela poussera la prochaine fois l’artiste à proposer un packaging un peu plus flatteur pour son album.

On vous propose de découvrir trois extraits de l’album qui ont déjà été diffusés sur internet, avec tout d’abord "Ana Ou Rassi Bikheir" (en paix avec moi-même) "This is who I Am", et "My Jailer". Bonne écoute, et courrez acheter ce disque dans le Virgin Megastore ou le Carrefour le plus proche de chez vous.