Pour ceux qui ne les connaitraient pas encore, et il serait temps de vous réveiller si c’est le cas, Lazywall est un groupe de Rock / Modern Hard Rock originaire de la ville de Tanger qui a vu le jour en 2003 sous l’impulsion de trois frères, Nao, Monz et Youssef alors qu’ils étaient encore étudiants en Angleterre.

Aujourd’hui, le groupe compte 4 membres permanents : Nao à la basse et au chant, Monz à la Batterie, Youssef à la Guitare, et Youness qui joue du Oud (Luth) et qui chante également sur certains morceaux.

Bien que le nom du groupe face de manière très subtile référence au « Mur des Paresseux » (Sour El Ma3gazine en Darija…) lieu emblématique de la vieille ville de Tanger, Lazywall n’ont quant à eux pas chômé depuis leurs débuts. En effet, ils ont sorti en Février 2015 leur 4ème  album studio « Square Minds in Round Heads » en 12 années d’existence… un rythme digne des groupes les plus actifs sur la scène Rock internationale !

Tout chez ce groupe respire le sérieux et le professionnalisme. Il suffit de jeter un coup d’œil à leur site internet qui est une véritable mine d’information et un pur régal pour les yeux et les oreilles (www.lazywall.com).

Les Lazywall nous ont fait l’honneur de mettre à notre disposition l’intégralité de leur 4ème Opus « Square Minds in Round Heads » (S.M.I.R.H), afin que nous puissions l’écouter et partager avec vous notre ressenti sur les 11 titres qui le composent.

«C’est un album un peu plus engagé que les autres » nous confie Monz, à propos de S.M.I.R.H.  « On a essayé de garder un peu la même direction sonore des albums précédent. Nous avons rajouté la touche orientale des instruments marocains, tout en gardant l’essentiel de l’esprit rock, et sans la forcer lorsque ce n’était pas nécessaire… ».

Lorsqu’on lui a posé la question des conditions d’enregistrement de l’album, Monz explique : « comme pour Aporia’s Bane, tout l’album a été composé, mixé et masterisé par le groupe dans notre studio personnel, à l’exception de « 475 » qui a été mixée par Anton Pukshansky, un ingénieur du son et producteur américain qui a reçu 3 Grammy Awards ».

Cet album est également très particulier car comme nous l’a expliqué le batteur des Lazywall : « C’est aussi le premier album avec les 3 frères enfin réunis, puisque Youssef a rejoint le groupe en tant que guitariste. Vu qu’il habite en France, on a du enregistrer a distance, les guitares ont été entièrement faites dans son studio a Strasbourg puis envoyées par internet pour les placer dans notre studio à Tanger. Une expérience assez originale pour nous, mais on s’adapte a la technologie moderne … ».

Pour notre part, la première chose qui nous a marqué, c’est la couverture de l’album qui est très belle et très expressive. On sent tout de suite l’ambiance de l’album qui mélange un sentiment de beauté et d’inquiétude avec ce théâtre laissé à l’abandon et retourné sans dessus dessous. Cette image reflète bien le caractère engagé des paroles de « Square Minds in Round Heads ».

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La seconde chose, est que cet album partage une caractéristique très importante avec la plupart des albums de qualité de groupes de rock et de rock progressif, c’est qu’il nécessite plusieurs écoutes afin de pouvoir en saisir la richesse et la complexité musicale. Si vous êtes à la recherche de mélodies faciles, et de morceaux à fredonner de manière légère passez votre chemin.

Cet album s’écoute, s’analyse, et se réfléchit et c’est un de ses points forts principaux. Au fil des écoutes, on s’habitue aux changements de mélodies assez inhabituels qui surviennent parfois à l’intérieur d’un même couplet. On entre petit à petit dans l’univers qu’ils ont créé, qui nous fait voyager de passages dissonants inquiétants à des mélodies et refrains plus joyeux qui ont parfois même un caractère libérateur sur certains morceaux.

Après l’écoute des mélodies et des rythmiques, qui sont au passage parfaitement mis en place, on finit par faire le lien entre leurs paroles profondes et très bien écrites, et le chant à la fois beau et puissant de Nao qui n’est pas sans rappeler (sans l’imiter) la voix de Serj Tankian, le frontman du groupe mythique « System Of a Down ». Aucun doute, il s’agit d’un album qui a été fait avec le cœur, et dans un souci de faire une œuvre d’art et faire passer des messages et des émotions fortes.

En effet, les morceaux abordent des thèmes différents et lourds de sens. « Never Again » aborde le sujet de la corruption, et d’une personne qui a trop longtemps été victime de ce fléau et sans jamais se rebeller et l’acceptant comme un état de fait, jusqu’à être elle-même contaminée…

Le clip ci-dessous illustre de manière très poétique ce thème en s’inspirant de l’histoire des « Trois petits cochons », qui nous replonge dans l’ambiance de l’époque du « Headbanger ‘s Ball » sur MTV dans le début des années 90.

 

« 475 », dont le clip est actuellement en tournage d’après notre source, est un hommage à Amina Filali, la tristement célèbre fille de 15 ans qui s’est suicidée en 2012, victime de l’article 475 du code pénal marocain qui offrait la possibilité au violeur d’une mineure de se marier avec elle pour éviter la prison. Fort heureusement, l’article en question n’existe plus depuis quelques mois.

Une très belle brochette d’artistes en featuring avec Reda Allali des Hoba Hoba Spirit, Hamid El Hadri, Nawel Ben Kraiem, Sarah Ariche, Younes Fakhar, & Mark Levine qui apportent chacun leur touche à cette magnifique chanson qui, disons le clairement et simplement, nous a déclenché des frissons à chaque écoute… On vous la fait écouter sans plus attendre… (NDLR : le titre 475 a finalement été remplacé par #AnaAmina)

« Scarcity » aborde encore un autre thème qui est celui de la surconsommation de l’être humain en général. Le clip ci-dessous qui est un montage de plusieurs vidéos peut choquer certaines personnes de par les images violentes qu’il contient, mais vous fera sans aucun doute réfléchir. N’est ce pas là le but ultime d’une œuvre d’art ?

« Love & Friends » aborde quand à lui les thèmes de l’amitié et des regrets qui peuvent survenir lorqu’on est sur son lit de mort et à quelques instants de rendre l’âme…

Parmis nos coups de cœur de l’album, il y a également « White Sun » qui marie parfaitement le style Rock du Groupe aux sonorités orientales sans que cela donne l’impression de forcer la chose, et « Tkarfess & Sacrifice » pour la pêche et l’énergie du morceau qui est clairement le plus hard de l’album.

Les choses qu’on a moins aimé dans cet album c’est d’une part le titre d’ouverture « Awake » qui ne nous a pas paru au même niveau que le reste des 11 titres qui composent l’album. On aurait préféré peut être voir ce titre à un autre endroit où il aurait eu moins d’impact, et pourquoi pas commencer directement sur «Tkarfess & Sacrifice » pour donner un grand coup dans la fourmilière dès le 1er titre.

Il manque aussi, et certains diront que c’est une fixation de notre part qui est entièrement assumée, un morceau entièrement acoustique pour pouvoir enrichir l’album, et apporter un peu de douceur qui aurait pu être très intéressante et compléter cette œuvre. Il aurait en effet été intéressant d’entendre la très belle voix de Nao dans ce contexte.

En conclusion, cet album est un véritable bijou, et les groupes de Rock marocains (et pourquoi pas d’ailleurs) devraient en prendre de la graine. Nous avons hâte de pouvoir voir cet album joué en Live @ Chellah Beach 09 Aout 2015 à Tanger .

Achetez le les yeux fermés si vous aimez le rock, et si vous attendez d’un album qu’il puisse vous faire réfléchir, ressentir des émotions fortes et diverses, et surtout que vous puissiez le redécouvrir au fil des écoutes.

Pour acheter l’album : Magasin en ligne Lazywall sur CD Baby (disponible aux formats MP3, MP3 320, et FLAC)

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